CEPII, Recherche et Expertise sur l'economie mondiale
Rapport d'activité 2025


PRÉFACE

L’activité du centre a été très soutenue en 2025 dans l’ensemble des champs d’intervention du CEPII : la macroéconomie financière, le commerce international et les politiques commerciales, et les migrations internationales. Ce rapport en rend compte. Les travaux du CEPII ont continué à s’adapter aux évolutions profondes du monde, avec pour boussole la rigueur indispensable à une connaissance et une analyse sérieuse.

Ce rapport d’activité 2025 du CEPII est le dernier que je préface. Pendant seize ans, de 2009 à 2025, j’ai accompagné le CEPII, en tant que président de son Conseil, dans sa démarche exigeante de mesure et d’analyse rigoureuses des mutations de l’économie internationale.

Des années 1990 à la fin des années 2000, la mondialisation des économies était couramment perçue comme à la fois inéluctable et irréversible. Or, au cours de ces seize années, les défis n’ont cessé de se multiplier et de se complexifier.

La crise financière, née aux EtatsUnis avant de gagner l’Europe a marqué un premier tournant. Il a fallu en comprendre les mécanismes, les conséquences et les enjeux des réponses budgétaires, monétaires et financières. S’y est ajoutée l’affirmation croissante de la puissance économique et, de plus en plus, politique de la Chine.

L’intégration internationale des chaînes de valeur, qui s’est largement poursuivie, durant la seconde décennie du siècle. Elle a été de plus en plus perçue comme une menace pour les économies développées, dont la désindustrialisation s’accélérait et dont une partie de la population se sentait privée d’accès à la classe moyenne.

Cette période a également été marquée par l’accroissement relatif et la complexification des mouvements migratoires ponctués notamment par des flux de réfugiés syriens et ukrainiens vers l’Europe.

En 2020, une crise sanitaire mondiale de très grande ampleur a éclaté, soulignant la vulnérabilité des économies européennes. Deux ans plus tard, l’invasion de l’Ukraine par la Russie déclenchait la première guerre de forte intensité sur notre continent depuis 1945.

Parallèlement, la nécessité d’une transition énergétique et d’une meilleure prise en compte des contraintes sociales et environnementales a fait l’objet d’une prise de conscience croissante des décideurs avant de connaître un net recul ces toutes dernières années.

Enfin, la révolution numérique s’est accélérée, portée par la concentration des capacités entre les mains d’un petit nombre d’acteurs devenus très puissants puis, en fin de période, par l’essor de l’intelligence artificielle.

Parallèlement, les politiques publiques ont évolué. Les mesures protectionnistes, hostiles à l’immigration et défavorables aux restrictions environnementales ont rencontré un écho croissant.

C’est dans ce contexte, à la fois très évolutif et de plus en plus complexe, que le CEPII s’est efforcé de remplir la mission qui est la sienne depuis 1978 : fournir à un public international de chercheurs des données, des modèles et des analyses méthodiques et rigoureuses tout en apportant une expertise destinée à éclairer et rationaliser le débat public en France et en Europe.

Dans les tout prochains mois, le CEPII mènera à bien le projet, déjà ancien, de rejoindre la Fondation nationale des sciences politiques. Il réunira ses capacités de recherche et d’expertise à celles de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) créé peu de temps après lui. Cette fusion permettra à la France de disposer, à Paris, d’un grand pôle de recherche en économie appliquée de stature européenne et internationale.

Je me réjouis beaucoup de l’aboutissement de ce projet. Apporter un éclairage fondé sur la science pour comprendre les évolutions que je viens de décrire, ainsi que celles, en partie imprévisibles, à venir, est essentiel pour le développement du savoir économique, le débat public et la définition des politiques publiques les mieux adaptées aux circonstances du moment, malgré la difficulté de la tâche.

Je tiens à remercier très chaleureusement Antoine Bouët et ses prédécesseurs, pour avoir réuni et animé les formidables équipes du CEPII. Celles-ci ont fourni une contribution essentielle à l’analyse économique et à la définition des politiques publiques. Ma gratitude va également aux partenaires du Centre qui lui ont fait confiance et ont su en tirer le meilleur.


Jean Lemierre
Président du Conseil du CEPII